Jérôme Dupré la Tour est un artiste transdisciplinaire franco-argentin, né à Buenos Aires en 1982. Il Vit et travaille à Lyon, au sein de la friche artistique lamartine et du collectif Astrolab.
Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions en Rhône-Alpes et ailleurs la décennie passée, dont les derniers temps forts ont été les résonances avec la biennale de Lyon 2022 et 2024, et une résidence à Chypre l’été 2023 :
16ème Biennale de Lyon (2022) trois expositions : Aqua Réels, Reperi et Grignote âge
CARV23 (2023) Résidence à Chypre avec Velychko.gallery : Transformative identities
17ème Biennale de Lyon (2024) une grande exposition collective : Friche l’intranquille
Démarche
Son propos est avant tout transdisciplinaire par essence.
Jérôme Dupré la Tour a toujours questionné les barrières, les cloisons, les limites et frontières. Ce qui l’intéresse c’est la buffer zone, l’espace de l’entre-deux, le seuil où tout est possible.
Il se considère comme un portier du sensible, au servie du vivant.
De caractère contemplatif, son imaginaire s’est joué dès le plus jeune âge à partir des objets déjà là, qu’il glane au passage, assemble et donne à voir, comme une quête incessante vers ce qui fait sens : Une invitation à saisir la fugacité de l’existence, à tisser des récits à partir de l’existant.
Faire le lien entre les vivants et les morts l’intéresse bien davantage que la production d’objets marchands. Et oui car comment à l’heure de la reproductibilité technique quasi-totale des images, comment résister à cette tendance à la dévoration des images ? Ses œuvres prennent souvent la forme d’installation temporaires : l’art des petits riens, du ready-made et de l’arte povera. Elles cherchent à captent l’attention du public par un certain raffinement esthétique pour l’amener dans une profondeur émotionnelle et spirituelle. Au coeur de ses gestes artistiques, l’attention est comme un soin apporté à l’autre et à la qualité de notre présence au monde.
Parcours
2003-2010 Etudes et destin d’illustrateur
Son parcours est d’abord celui du dessin et de l’infographie à l’école Emile Cohl à Lyon, France. En parallèle de ses études lyonnaises, il démarre une vie culturelle plus large et fréquente des poètes, des photographes, des plasticiens, des musiciens et performeurs. Il assiste à la naissance de la revue Mercure liquide et fréquente la scène underground lyonnaise, et les premières heures de la friche RVI. Il obtient son diplôme en multimédia en 2005 avec difficulté, en pleurs. Sa série picturale Arrêt sur voyage attire pourtant l’attention de son professeur d’histoire de l’Art. Il s’est alors pourtant déjà inscrit ailleurs pour dessiner davantage : il rejoint l’atelier d’illustration des Arts décos de Strasbourg (Aujourd’hui – HEAR), animé alors par le fraîchement arrivé Guillaume Dégé, dont il sort diplômé en 2006 (DNSEP illustration). Malgré un deuxième diplôme obtenu difficilement par un jury élitiste qui le comparera à sa soeur ainée elle-même autrice renommée, il est sélectionné aux jeunes talents du festival international de la Bande dessinée d’Angoulême.
De retour à Lyon, il côtoie l’édition en bande dessinée et l’illustration liées à son expérience du scoutisme(Bayard presse, EEUDF, Scouts et guides de France, Yves Rocher; etc…) et l’infographie pour des systèmes de sécurité informatique (ADNSA). Il dessine pour la presse locale lyonnaise (La tribune de Lyon), tout en explorant performances scéniques et installations, dont le groupe de performances improvisées « Combustions spontanées » qu’il rejoint en 2009.
2010-2025 : Une vie d’artiste plasticien
Durant les semaines agitées d’octobre 2010, il décide d’affirmer des pratiques plastiques et de peindre en grand format : Il rejoint la friche RVI, où il se retrouve confronté, parmi ses occupants au grand incendie qui l’a ravagée. Il rejoint alors le relogement à la Friche artistique Lamartine et le collectif Abi/Abo, où il développe de multiples approches esthétiques, réflexions sensibles et recherches-action par des cycles d’expositions :
- qu’il organise : Corps et insularités (2012), Décroche-signE (2013), Nuit Art vidéo Hors Champs (2014),
- ou qu’il rejoint : Petite biennale des possibles (2011), Chemins de traverse (2012-2017), Titre à venir (2018), Arthropod (Chypre 2018), Mémento (2021), et plus récemment une dynamique autour de la pratique de la gravure Le berceau (2022), qui mutera en un pôle de pratiques de l’image avec la création de l’association Astrolab (2025)
En parallèle de sa création et de la vie des collectifs, il enseigne en ecoles supérieures (Ecole Bellecour, Ynov Campus et Strate Design)
De l’empreinte à l’IA : les expositions ia ia ia et Transformative identities (2023)
Après le Covid, il s’est mis à l’épreuve avec pour thème l’empreinte. Comment questionner notre dépendance plastique aux objets et aux images qui nous entourent ? En en faisant une radiographie alchimique en cyanotypes, en produisant des photogrammes à partir d’objets du quotidien, de déchets, de végétaux et mêlées parfois à des images issues de l’intelligence artificielle.
Ces travaux ont abouti à trois expositions ia ia ia à Lyon, Transformative identities à l’issue de sa résidence à Chypre, invité par la Galerie Velychko et soutenu par l’Institut Français. Pendant 6 semaines, près du rivage de la Méditerranée, il a travaillé sur la transformation de l’identité et l’invisibilisation par la migration, en relation avec la mer.
Puis Haïku Visuel à Saint-Dié, pour laquelle il a poussé son travail d’empreinte sur tissu en grand format.
ConcatéNATION (Depuis 2023)
L’été 2023, Jérôme Dupré la Tour a conceptualisé son projet ConcatéNATION, programme artistique en plusieurs actes qui se propose d’explorer la nationalité comme miroir de nos identités fragmentaires, de notre abandon du devoir diplomatique, et comme frein à l’acceptation de l’autre, tout en reformulant le besoin de faire lien entre les vivants.
Le premier acte prendra la forme d’une question posée : Freed of us? sous la forme d’une fresque exposée à la Friche Lamartine, en résonance à la biennale de Lyon 2024.
Quelques mois plus tard au printemps 2025, à l’occasion d’un festival Franco-italien en appartements nommé Àprile, il installe une deuxième phase, Heures couleur. Il s’agit d’une sorte d’horloge conceptuelle démontée en partie (cadrant et aiguilles) associées à des ensembles d’objets glanés par couleur pour rappeler que le risque nucléaire est toujours présent, qu’il soit de la main de l’homme ou non : Il présente aussi dans cette installation les visages d’IA désormais plongés dans la cire et l’ensemble des drapeaux du monde triés par dominante de couleur, sous la forme d’une grande ligne colorée.
Son travail l’a amené à travailler auprès de publics de tous les âges et milieux sociaux, notamment des mineurs et adultes en situation de handicap, des mineurs isolés en transit migratoire, et des mineurs en rétention.
Jérôme Dupré la Tour poursuit des projets de dessin en parallèle de son activité d’artiste-plasticien.
Partenaires
Friche Lamartine (FR)
Art Factories/Autres(s) Part(s) (FR)
Institut Français de Chypre (CY)
Velychko gallery (CY)
La cour des arts (FR)