





Matériau spirituel par excellence, la cire est en même temps banale et intriguante. Elle évoque le temps long, entre robustesse, fragilité et conservation. Elle agit ici sur l’image, devenue cyborg grâce à cette couche, comme prolongement et profondeur.
En plongeant ces images d’iA dans la cire, je les déperforme. Je les opacifie pour qu’elles redeviennent – un peu – humaines. Je les embaume sans les ensevelir.
Notre époque a perdu le sens du sacré et notamment de l’accompagnement des défunts, et préfère nourrir le narcissisme, confondant croissance spirituelle et auto-réalisation, usage des ressources et recherche du profit. En tant qu’artiste, j’en suis le fruit mais refuse d’en être la victime.
Ces portraits de gens qui n’existent pas, générés par iA en quantités et que j’ai glanés en ligne comme on pille un cimetière font reflet d’une humanité, certes, mais également d’une non-vie. Plongés dans la cire, iels deviennent alors un peu plus humain.e.s, iels rejoignent les éléments dans l’alchimie du cycle vital.
Iels parviennent alors au statut d’icônes banales de ce nous contemporain tout aussi banal : images du nous collectif que la machine nous ressort par la statistique.

Exposition Au fond de la matière pousse une végétation obscure – collectif Astrolab – Septembre Orangerie du Parc de la tête d’or à Lyon, FR
L’installation sur verres de façade, présentée au sol à l’orangerie se joue du jeu des codes de l’architecture postmoderne dans ce lieu emblématique du néo classicisme lyonnais : ici sous les colonnes et illuminés par la verrière fin XIXème, se retrouve au sol l’élément principal de la structure du vide : Le verre de façade contemporain. Fantômes émergents, portraits flottant comme une mémoire impossible nous invitent par un jeu de reflets et non-reflets à sortir des grilles définies, à faire émerger non pas un homme nouveau comme le modernisme en fit les frais, mais à nouveau notre humanité.