A propos
Né à Buenos Aires de parents français en 1982, ayant grandi au bord de sources et de champs de blés de l'Aube champenoise, puis en Guadeloupe, Jérôme Dupré la Tour est basé à Lyon depuis 1995. Artiste visuel forgé initialement au dessin, sa pratique part des objets que le monde délaisse pour former des archipels de sens : ces ensembles hétérogènes se parlent sans se fondre, à la manière du Tout-monde d'Édouard Glissant, dans le flux d'une eau conceptuelle presque Bachelardienne.
Son essor artistique est indissociable de la culture de la maîtrise d'usage et de l'autogestion. Proche des communs culturels, il a pris racine depuis les lieux intermédiaires et indépendants, depuis la stratégie situationniste. Depuis 2010, il est membre actif de la Friche Artistique Lamartine où il maintient les dynamiques inter-lieux et contribue à la gouvernance collégiale et horizontale de la structure. Cette culture du lieu, de l'autogestion et de la transversalité des pratiques est constitutive de son travail, qui s'en nourrit par vases communiquants.
Il a traversé plusieurs collectifs fondateurs : Abi/Abo (huit ans de pratique in situ/ex situ), TEPUCO performance, Arthropod Collective à Chypre, Le Berceau puis l'Astrolab — collectifs dédiés aux pratiques exploratoires de l'image, à la Friche Lamartine. Ces collaborations ont nourri une réflexion constante sur l'horizontalisation des rapports dans les sphères artistiques.
Son travail s'inscrit dans une réflexion de long terme sur l'anthropocène, les identités transnationales et les enjeux d'éco-citoyenneté. Plus récemment, il explore l'IA comme matériau — collectant des portraits générés, les noyant dans la cire ou les imprimant sur galets — dans la continuité d'une pratique du photogramme cyanotype initiée en 2023. Son projet ConcatéNATION, né lors d'une résidence à Chypre la même année, poursuit une réflexion plastique sur la nation, l'identité et le vivre-ensemble transnational.
Il est diplômé de la HEAR Strasbourg (DNSEP Illustration, 2006) et de l'École Émile Cohl de Lyon (2005). Il est représenté par la Velychko Gallery, Paphos, Chypre, et a participé en résonance aux Biennales de Lyon 2015, 2022 et 2024.